Mathieu Bock-Côté parle souvent d’« idéologie diversitaire » pour désigner l’idéologie à l’œuvre dans la société « multiculturelle » ou « inclusive », digne prolongement de la « société ouverte » chère à Karl Popper. Il le fait à juste titre et en bon Québécois, car c’est au Canada que l’ancien Premier ministre Justin Trudeau s’est flatté, suivant les recommandations du rapport Bouchard de 2008, d’avoir fait de son pays la première « nation diversitaire », c’est-dire, selon ses propres termes, un laboratoire d’avant-garde de la « diversité heureuse » (comme la « mondialisation heureuse »), laquelle consiste à changer les peuples pour y éliminer toute trace d’une personnalité sociale et culturelle spécifique.
Lire la suite …Que pensez-vous de la « remigration » ?
Afin de prolonger le dossier de son numéro 220 consacré à la « remigration », la revue élements a interrogé des personnalités pour avoir leur point de vue sur la question. Voici la réponse d’Alain de Benoist.
La remigration est-elle souhaitable et possible ? Si elle n’est pas possible (autrement que dans l’abstrait), n’en parlons plus. Est-elle souhaitable ? Tout dépend de ce qu’on entend par ce mot.
Il est évident que l’immigration extra-européenne en Europe, qui est devenue une immigration de peuplement et qui entraîne des pathologies sociales désormais bien connues, doit être freinée par tous les moyens possibles. Tous les sondages le confirment : les peuples autochtones n’en veulent plus et n’en peuvent plus. C’est la raison pour laquelle un certain nombre de groupes et de partis politiques (parfois gouvernementaux) sont aujourd’hui partisans de la « remigration ». Le problème, quand on va y voir de plus près, est qu’ils n’en donnent pas toujours la même définition. La plus grande partie d’entre eux, par exemple, fait une place majeure au volontariat (qui peut être certes encouragé), ce qui n’est pas forcément le cas des autres.
Lire la suite …Carl Schmitt contre le romantisme
En matière de critique du romantisme, non seulement littéraire mais aussi politique, on n’a probablement jamais fait mieux que Carl Schmitt. Pourtant, au sein de la Révolution Conservatrice allemande, la réception positive du romantisme a toujours été largement majoritaire, Carl Schmitt représentant précisément l’exception. Cette critique s’exprime dans un livre paru en 1919 (trois ans avant la première Théologie politique, huit ans avant la publication de la première mouture de La notion de politique) qui a immédiatement suscité des discussions passionnées. C’est ce livre qui paraît aujourd’hui dans sa version intégrale, et dans une excellente traduction due à Antoine Dresse, faisant définitivement oublier la traduction assez médiocre (et surtout partielle) parue à la Librairie Valois en 1928.
Lire la suite …Guerre en Iran, Première saison : Trump 0 – Iran 1
Plus familier des terrains de golf que du golfe Persique, Donald Trump avait commencé par présenter la guerre contre l’Iran comme une « petite excursion ». Peu connu pour sa patience de stratégique, il voulait faire vite. Les objectifs de départ étaient la chute du régime islamique et la destruction totale de ses capacités militaires. Quatre semaines après le début des hostilités, rien de tout cela n’est arrivé.
Lire la suite …Face à Donald Trump
Allons d’emblée à l’essentiel. L’arrivée au pouvoir de Donald Trump n’est pas un épisode de plus dans l’histoire des Etats-Unis, ce n’est pas non plus seulement un tournant. C’est une révolution dont tout le monde n’a pas encore mesuré l’ampleur, et qui a déjà entraîné le découplage de l’Europe et de l’Amérique, l’explosion de l’Alliance atlantique, la fin probable de l’OTAN, la mise en question du libre-échange, l’effondrement d’un ordre international fondé sur la démocratie libérale, sur le droit international – cette « fiction utile » évoquée à Davos par le Canadien Mark Carney – et sur l’idéologie des droits de l’homme, ce qui fait beaucoup. D’autant que tout cela s’est accompagné d’une véritable mutation doctrinale. Il ne s’agit pas non plus d’une parenthèse appelée à se refermer lorsque Trump quittera le pouvoir. Les morceaux brisés ne se recolleront pas avant longtemps.
Lire la suite …Le spectacle que donne la droite trumpiste en Europe est consternant
Entretien paru sur Breizh-info
Breizh-info.com : En quoi le second mandat de Trump marque-t-il une rupture plus profonde encore avec l’ordre mondial hérité de l’après-guerre froide ?
Alain de Benoist : Lors de son premier mandat, Donald Trump n’était pas encore préparé à prendre le tournant qu’il prend actuellement. Durant la présidence Biden, il a eu tout le temps d’identifier ses objectifs, de peaufiner sa façon de voir les choses et de faire l’inventaire de son entourage afin de savoir sur qui il peut vraiment compter. Dès sa réélection, il s’est lancé dans une frénésie d’annonces qui a laissé (et laisse toujours) le reste du monde stupéfait. D’abord en raison de sa personnalité un peu spéciale. Prenez un narcissique paranoïaque et mégalomane, un tribun populiste et un requin des affaires, mélangez le tout et vous obtenez Donald Trump. Un personnage à mi-chemin d’Ubu et de Caligula.
Lire la suite …Vénézuela : la fin de la souveraineté des États

Article paru dans Junge Freiheit
Les récents événements au Venezuela ont été commentés de façon purement partisane. Ceux qui détestent Nicolás Maduro ont applaudi à son kidnapping, ceux qui l’apprécient ont crié au scandale. Deux façons également détestables de passer à côté de l’essentiel. L’essentiel en effet n’est pas de savoir si Maduro est un good guy ou un affreux dictateur, mais de comprendre qu’avec cet enlèvement on est entré définitivement dans une ère nouvelle : celle où la souveraineté des Etats n’est plus reconnue par la puissance dominante.
Lire la suite …La libération du plus vieux prisonnier de la pensée européenne

Sous le titre « Alain de Benoist ou la libération du plus vieux prisonnier de la pensée européenne », le site de Causeur consacre à Alain de Benoist un article élogieux signé Patrick Moureu.
France : la crise
(Article d’Alain de Benoist paru dans Junge Freiheit)
La France traverse en ce moment une des crises les plus graves de son histoire récente. C’est d’abord, bien sûr, une crise politique et institutionnelle, mais aussi une crise économique et sociale, financière, démographique, spirituelle, intellectuelle et morale. Cette crise marque une fin de régime, et même une fin de cycle. Elle prend sa place dans une crise plus générale de la démocratie libérale, expression qui après avoir été considérée comme un pléonasme, apparaît de plus en plus comme un oxymore. Carl Schmitt disait qu’une démocratie est d’autant moins démocratique qu’elle est plus libérale. Le même jugement est aujourd’hui porté dans les milieux les plus différents.
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