Contrairement aux apparences, Emmanuel Macron est un contre-populiste !

Entretien paru sur Boulevard Voltaire


Voilà un an qu’Emmanuel Macron, le Président que personne n’avait vu venir, est à l’Élysée. Que sait-on, maintenant, sur lui ? Peut-on dresser un premier bilan de son action ?

Macron a eu beaucoup de chance. Mais il faut reconnaître qu’il a su forcer la chance. Il a parfaitement mesuré l’envie de « dégagisme », de renouvellement, mais aussi de « verticalité », qui montait dans l’opinion depuis des années. Instruit par l’expérience de ses prédécesseurs, dont il ne veut pas répéter les fautes, il a parfaitement compris que les vieux partis institutionnels ont fait leur temps et que le clivage droite-gauche ne veut plus dire grand-chose dès lors qu’il ne renvoie plus qu’à une « alternance unique ». C’est ce qui lui a permis de réussir là où Giscard et Rocard avaient échoué : regrouper au « centre » les libéraux de gauche et de droite acquis à la mondialisation.

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Donald Trump, ou le retour en force des néoconservateurs américains…

Entretien paru sur Boulevard Voltaire


Le monde entier semble critiquer le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien, oubliant qu’il s’agissait de l’une des promesses de campagne de Donald Trump. Emmanuel Macron, après avoir tenté de faire changer d’avis le président américain, s’est vu renvoyer dans les cordes. Quelles conséquences ?

La décision délirante de Donald Trump ne peut avoir que des effets désastreux, puisque à court terme, elle va renforcer en Iran la position des plus « durs », qui y voient déjà la confirmation qu’on ne peut jamais faire confiance aux Occidentaux, et qu’à moyen terme, elle peut tout simplement déclencher une nouvelle guerre. (Souvenons-nous qu’en 1941, le Japon avait été poussé à l’entrée en guerre à la suite de l’embargo maritime américain sur son pétrole et son acier.) Trump a, en revanche, été applaudi par Israël, pays qui possède plus de 200 têtes nucléaires braquées en permanence sur Téhéran et qui prétend lui interdire tout accès à l’arme nucléaire alors qu’il s’en est doté lui-même de manière illégale et n’a jamais autorisé le moindre contrôle international de ses propres installations.

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Le principal ennemi du nouveau gouvernement italien ? Les marchés financiers et les technocrates européens !

Entretien paru sur Boulevard Voltaire


Boulevard Voltaire : Avec la constitution, en Italie, d’un nouveau gouvernement reposant sur l’alliance de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles, respectivement représentés par Matteo Salvini et Luigi Di Maio, tous deux nommés vice-Premiers ministres, assistons-nous à un nouvel épisode de ce « moment populiste » dont vous dessiniez les contours dans l’un de vos récents essais ?

Alain de Benoist : Malgré la tentative de coup d’État légal du président Mattarella qui, s’arrogeant des droits que la Constitution italienne ne lui accorde pas, et avant de se raviser devant le tollé soulevé par son attitude, a tenté le 27 mai de mettre son veto à la constitution de ce nouveau gouvernement pour complaire à la Commission de Bruxelles et aux marchés financiers, les représentants de la Lega et du Mouvement 5 étoiles sont arrivés au pouvoir. Les sondages montrent qu’ils ont l’appui d’une nette majorité du peuple italien, auquel ils affirment vouloir « redonner la parole » tout en rompant dans pratiquement tous les domaines (immigration, austérité, revenu de citoyenneté, système fiscal, etc.) avec la vulgate dominante. Il est évident que l’élection d’une majorité souverainiste et « anti-système » en Italie, pays fondateur du Marché commun et troisième économie de l’actuelle Union européenne, est un véritable coup de tonnerre. C’est, en effet, ce type d’événement que laissait prévoir mon livre Le Moment populiste.

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Les idées à l’endroit : Julien Freund et l’essence du politique

Cette édition des Idées à l’endroit, l’émission de TV Libertés préparée et présentée par Alain de Benoist, est consacrée au philosophe, sociologue et père de la polémologie moderne : Julien Freund.

Julien Freund s’est imposé avec son livre « L’essence du politique » et son oeuvre est traduite en près de 20 langues. Pour en parler, Alain de Benoist est entouré de l’essayiste Rémi Soulié et du professeur de sociologie à Montpellier, Patrick Tacussel.

Mai 68 a quelque chose d’une farce

Entretien à Philitt


Mai 68 évoque, pour les générations qui n’ont pas connu cet événement, une rupture historique qui, outre son aspect révolutionnaire, est à l’origine d’une nouvelle conception de la société, ouvertement anti-traditionnelle. Alain de Benoist, contemporain de Mai 68 et penseur hétérodoxe de la droite, revient sur ce moment annonciateur du désenchantement politique.

PHILITT : Aujourd’hui, ce que l’on commémore officieusement, ce sont les 50 ans d’un « événement ». Souscrivez-vous à cette conception événementielle de Mai 68 ?

Alain de Benoist : Le président de la République, Emmanuel Macron, a envisagé de commémorer Mai 68. On pourrait y voir là un paradoxe, mais ce serait apporter du crédit à une stratégie de communication, en matière de quoi il excelle. Ce serait surtout accorder du crédit à un événement que l’on a gonflé rétrospectivement. Il y a bien sûr une part de vérité dans la définition de Mai 68 comme d’un événement, mais elle est assez caricaturale. Mai 68 est en fait une reconstruction. L’on fait remonter toutes les transformations sociales ou « sociétales » à cet événement, si bien que « soixante-huitard » est devenu un adjectif qui ne va pas sans rappeler celui du « communard » qui luttait derrière les barricades. Or, la réalité est toute différente, essentiellement pour deux raisons. La première est que Mai 68 est moins un événement fondateur qu’un moment s’inscrivant dans une tendance plus profonde, déjà à l’œuvre dans la société. Ce que l’on désigne par « Mai 68 » n’est que la cristallisation de transformations qui opèrent depuis les années 1950, durant lesquelles se mettent en place les nouveaux modes de vie consuméristes des Trente Glorieuses (diffusion massive de la télévision, de l’électroménager…), ainsi que les innovations civiques et économiques telle que la place nouvelle que les femmes acquièrent dans la société. Qu’il y eût ou non Mai 68, les transformations sociales que nous avons connues auraient donc quand même eu lieu. Les autres pays européens, qui n’ont pas eu leur Mai 68, en témoignent : eux aussi ont pleinement intégré les nouveaux paradigmes sociaux du capitalisme libéral.
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Frappes en Syrie : « le grand perdant est évidemment Emmanuel Macron. »

Entretien accordé à Breizh-Info


Les critiques contre Emmanuel Macron n’en finissent plus de pleuvoir après sa décision de frapper plusieurs sites en Syrie avec les États-Unis et le Royaume-Uni.

Nous avons interrogé Alain de Benoist sur les conséquences de cette opération et son impact concernant la politique étrangère de la France. Voici sa réponse :

Alain de Benoist : C’est évidemment une absurdité. Il faudrait la qualifier de criminelle si elle avait abouti à l’escalade que beaucoup redoutaient. Il n’en a heureusement rien été. Les Russes, qui avaient été prévenus, sont restés l’arme au pied. Les bombardements n’ont fait aucune victime, ce qui montre que les locaux visés étaient vides ou désertés. Tout se passe comme si les États-Unis, l’Angleterre et la France s’étaient ravisés au dernier moment et avaient délibérément choisi de s’en tenir à une frappe symbolique. Beaucoup de bruit pour rien, mais une stupidité quand même.

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Macron es un liberal autoritario

Entrevista con Enric Bonet (ctxt.es)


Alain de Benoist (Saint-Symphorien, 1943) es uno de los escritores franceses vivos más controvertidos y con más obras a sus espaldas: de sus manos han salido más de un centenar de títulos. En la actualidad dirige dos revistas de pensamiento político, pero sobre todo se le conoce por haber sido el principal ideólogo del think tank que desde finales de los años setenta trató de renovar por completo el pensamiento de la derecha radical francesa: el famoso GRECE (Grupo de Investigación y de Estudios por la Civilización Europea). Sin éxito: tras haber sido muy influyente en los medios políticos de la extrema derecha, en las últimas décadas se le ha visto acercarse a posiciones de lo que hoy llamaríamos “la izquierda”. Actualmente confiesa no tener ningún tipo de afiliación política y rechaza con disgusto cualquier tipo de relación con el mundo identitario y de la derecha radical. Alain de Benoist recibe a CTXT en su casa de París para hablar de la actualidad política francesa y de su último libro El momento populista: la izquierda y la derecha se han terminado.

Usted ha escrito recientemente El momento populista: la izquierda y la derecha se han terminado. No obstante, después de lo ocurrido en los últimos meses en la política francesa, con la victoria de Macron y la crisis del Frente Nacional, ¿no cree que el momento populista se está acabando?

No, en absoluto. Escogí la expresión  ’momento populista’ porque me parecía que tenía dos ventajas : por un lado permitía decir que estamos viviendo un momento populista, y, por otro lado, que se trata de un momento, y, por tanto, que no va a durar eternamente. ¿Estamos al final de ese momento ? Yo creo que en absoluto, estamos en el corazón de ese momento. El populismo es el fenómeno que disimula una recomposición a gran escala del paisaje político en Europa. Y esta recomposición aún no se ha terminado. Cuando escribí este libro Macron ni siquiera había sido aún elegido, y mi sorpresa es lo rápido que está yendo la reconfiguración del espacio político francés. Lire la suite …