Quoi qu’il se passe, les Gilets jaunes ont déjà gagné

Entretien à Breizh-Info

Emmanuel Macron a pris la parole ce lundi 10 décembre, après avoir rencontré des partenaires sociaux pourtant jugés non représentatifs par une bonne partie des Français. Une prise de parole qui, pour autant, ne devrait pas calmer la colère des Gilets jaunes partout en France.

Pour faire le point sur ce mouvement, sur cette vague en train de faire l’histoire, Yann Vallerie a interrogé Alain de Benoist pour Breizh-Info.

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Né Cesari né tribuni, i gilet gialli sono populismo allo stato puro

Source : Paolo Becchi

gilet gialli

Pubblichiamo la traduzione integrale dell’intervista al filosofo e giornalista francese di fama internazionale, Alain de Benoist, fondatore del movimento culturale della “Nouvelle Droite”, da sempre critico della globalizzazione neoliberista e dell’Ue. Nell’intervista, pubblicata su Boulevard Voltaire, de Benoist analizza il fenomeno dei “gilet gialli”. Ampi stralci della seguente intervista sono stati pubblicati in data 03/12/2018 sul quotidiano Libero (Paolo Becchi).


In Francia, da una decina di giorni, imperversano i gilet gialli e sono numerosi i commenti al riguardo. Si tratta di un fuoco di paglia o di un movimento destinato a crescere? Una nuova jacquerie? Qual è la sua opinione?

Circa cinque anni fa, il 23 novembre 2013, sono stato intervistato sul movimento dei berretti rossi. Ho quindi richiamato l’attenzione sul fatto che “tutti i movimenti di protesta o di rivolta di una certa portata a cui stiamo assistendo oggi, nascono ai margini o lontano dai partiti e dai sindacati, i quali evidentemente non sono più in grado di incarnare e farsi portatori delle aspirazioni della gente”. E concludevo così: “Una sola parola d’ordine: berretti rossi ovunque!” Bene, eccoci qua: i gilet gialli di oggi sono proprio i berretti rossi di ieri che si espandono ovunque. Dopo anni e anni di umiliazione, impoverimento, esclusione sociale e culturale, è il popolo francese che ha semplicemente ripreso la parola. E che passa all’azione con una collera e una determinazione (ci sono già due morti e 800 feriti, più che nel maggio del ’68!) che la dicono lunga.

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Les gilets jaunes ? La revanche des ploucs émissaires !

Entretien à Boulevard Voltaire

La France, depuis une dizaine de jours, vit à l’heure des gilets jaunes, et les commentaires sont déjà nombreux. Feu de paille ou vague de fond ? Nouvelle fronde ? Nouvelle jacquerie ? Quel est votre sentiment ?

Il y a cinq ans, presque jour pour jour, le 23 novembre 2013, vous m’aviez interrogé sur le mouvement des bonnets rouges. J’avais alors attiré votre attention sur le fait que « tous les mouvements de protestation ou de révolte d’une certaine ampleur auxquels nous assistons aujourd’hui naissent en marge ou à l’écart des partis et des syndicats, lesquels ne sont de toute évidence plus capables d’incarner ou de relayer les aspirations du peuple ». Ma conclusion était celle-ci : « Un seul mot d’ordre : des bonnets rouges partout ! » Eh bien, nous y sommes : les gilets jaunes, ce sont les bonnets rouges partout. Après des années et des années d’humiliation, de paupérisation, d’exclusion sociale et culturelle, c’est tout simplement le peuple de France qui reprend la parole. Et qui passe à l’action avec une colère et une détermination (déjà deux morts et 800 blessés, plus qu’en mai 68 !) qui en disent long.

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Linkspopulismus und Rechtspopulismus – die Frontlinie verschiebt sich

Boulevard Voltaire Interview von Jung Europa übersetzt

Logo Jung Europa

Kürzlich sorgte die linke deutsche Politikerin Sahra Wagenknecht für Schlagzeilen, als sie eine Bewegung ins Leben rief, die eine Kontrolle der Einwanderung fordert. Diese Initiative sorgte auf der französischen Seite des Rheins sofort für Wirbel. Ist dies für Sie ein nebensächlicher, tagespolitischer Vorgang?

Überhaupt nicht. Ich denke sogar, dass es ein sehr wichtiges Ereignis ist. Zum einen, weil wir solche Vorstöße aus Deutschland für gewöhnlich nicht erleben und zum anderen, weil das von einer Persönlichkeit wie Sahra Wagenknecht so nicht zu erwarten war: Geboren wurde sie in Jena als Tochter eines Iraners. Sie ist marxistisch geprägt, promovierte zur Interpretation von Hegel durch den jungen Karl Marx und ist seit vier Jahren mit dem bekannten Linkspolitiker Oskar Lafontaine verheiratet. Wagenknecht ist Bundestagsabgeordnete und stellvertretende Vorsitzende der Partei Die Linke, Nachfolgepartei der DDR-Staatspartei SED. Der Start ihrer neuen Bewegung »Aufstehen« schlug im August/September wie eine Bombe ein. Bis zu 100.000 Interessenten aus dem linken Milieu sollen sich ihr bereits angeschlossen haben.

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Il populismo è un elemento della democrazia

Intervista scenarieconomici.it

Alain de Benoist

Un intellettuale controcorrente, libero e rispettato. Questo è Alain De Benoist, da oltre quarant’anni punto di riferimento di una cultura non elitaria ed arrogante, ma non per questo meno autorevole e ricca di spunti di riflessione. Non è un caso che il saggista francese venga spesso interpellato in patriae oltralpe per commentare i fatti della politica ed i cambiamenti ai quali stiamo assistendo negli ultimi anni. In questa intervista De Benoist, con la profondità di pensiero che lo contraddistingue,si sofferma sul fenomeno populismo al quale schiere di studiosi della politica e delle scienze sociali dedicano articoli e libri. «Il populismo – afferma De Benoist – è un elemento della democrazia da non confondere con l’estrema destra».

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Pour le monde médiatique, le monde extérieur, le monde réel, n’existent pas…

Libération

Ce n’est un secret pour personne : les quotidiens nationaux se vendent de moins en moins, certains étant même, tels Libération et L’Humanité, artificiellement maintenus sous perfusion financière. Il est, pourtant, des pays où la presse papier reste florissante. Comment expliquer ce paradoxe ?

Deux remarques pour commencer. D’abord, quand on parle de la crise de la presse française, c’est en fait de la presse parisienne qu’on veut parler. La presse régionale se porte un peu moins mal, bien qu’elle soit en général peu attractive. Tradition jacobine oblige, tout ce qui se veut d’audience « nationale » se doit d’être à Paris. Deuxième remarque : les journaux emploient des journalistes, mais il y a longtemps que ceux-ci ne les possèdent plus. Dix milliardaires, marchands d’armes, banquiers, représentants de l’industrie du luxe ou du bâtiment possèdent, à eux seuls, 89,9 % des quotidiens nationaux. Pourquoi Dassault, Bouygues, Lagardère, Drahi, Niel, Bernard Arnault investissent-ils dans la presse ? Certainement pas par philanthropie. Ils se targuent tous, la main sur le cœur, de ne pas peser sur les choix rédactionnels, mais ils n’ont nul besoin le faire : il leur suffit de s’assurer que ne seront jamais recrutés des adversaires de l’idéologie dominante (ce qui leur est assez facile, puisque les écoles de journalisme forment déjà à cela).

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Les sanctions économiques ? Une guerre qui ne dit pas son nom…

Dès qu’un pays pose problème, on évoque désormais des « sanctions internationales », lesquelles s’apparentent de plus en plus à des sanctions américaines. Mais quels sont, exactement, le sens et la légitimité de cette politique de sanctions ?

La politique des sanctions n’est pas une politique. C’est une forme de guerre, qui n’utilise que des moyens « pacifiques » contribuant à brouiller la frontière entre la guerre et la paix. Tout comme le blocus, dont les sanctions constituent la forme moderne, cette guerre s’apparente à la guerre maritime, toujours privilégiée par les puissances thalassocratiques – l’Angleterre autrefois, les États-Unis aujourd’hui –, qui est également une guerre commerciale ou économique : la « guerre au commerce », qu’on appelait autrefois la « guerre de course ». C’est une guerre « totale », non seulement parce qu’elle rejette la distinction classique entre combattants et non-combattants, mais aussi parce qu’elle s’appuie le plus souvent sur une théorie de la guerre « juste », qui assimile l’ennemi à un criminel ou à un délinquant.

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Europe, populisme, souverainisme et mondialisation: les enjeux des temps modernes

Interview accordée au site girodivite

L’Europe ne se porte pas trop bien… Comment la guérir ?

«Cessons déjà parler de « l’Europe » quand nous voulons parler de l’Union européenne ! L’Europe est une réalité historique et géographique, civilisationnelle et bimillénaire. L’Union européenne est une création institutionnelle récente, ce qui est tout à fait différent. L’un des reproches que l’on peut faire à l’Union européenne pourrait d’ailleurs être d’avoir en quelque sorte discrédité l’Europe. L’« Europe » apparaissait il y a quelques décennies comme une solution à presque tous les problèmes. Aujourd’hui, elle est devenu un problème qui s’ajoute aux autres.

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L’écologie a un versant conservateur et un versant révolutionnaire !

Nicolas Hulot

Avec le départ de Nicolas Hulot du gouvernement, on en vient à penser qu’un ministre de l’Écologie ne sert finalement à rien, si ce n’est à démissionner. Encore une occasion manquée ?

On peut reprocher beaucoup de choses à Nicolas Hulot, mais certainement pas l’accuser d’opportunisme. Je n’en dirai pas autant de son successeur, qui me paraît déjà avoir la bouche bien entraînée pour avaler les couleuvres. Hulot ne tenait pas à être ministre, il a fini par céder aux pressions, il s’en est repenti. Et il est parti. Mais en partant, il a dit la vérité, à savoir que, malgré toutes les sottises que l’on peut entendre sur le « capitalisme vert » et le « développement durable », l’écologie et l’économie obéissent à des logiques inconciliables. L’écologie n’est pas compatible avec le capitalisme libéral ni avec la logique du profit, parce que c’est à leur déchaînement planétaire que l’on doit toutes les dégradations de l’environnement que l’on constate aujourd’hui. C’est ici qu’il faudrait citer le mot de Bossuet sur ceux qui déplorent des conséquences dont ils chérissent les causes.

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