Identité et souveraineté – deux notions indissociables

Entretien publié sur Boulevard Voltaire


Dans certains milieux, on a tendance à opposer entre elles deux notions dont tout le monde parle aujourd’hui : l’identité et la souveraineté. Au Front national, Marion Maréchal-Le Pen aurait représenté la première, par opposition à Florian Philippot, qui défend avant tout la seconde. Une telle opposition vous paraît-elle légitime ?

Interrogée il y a quelques mois dans le magazine Causeur, Marine Le Pen déclarait : « Mon projet est intrinsèquement patriote parce qu’il défend dans un même mouvement la souveraineté et l’identité de la France. Quand on oublie l’un des deux, on triche. » Alors, ne trichons pas. Pourquoi faudrait-il voir dans l’identité et la souveraineté des idées opposées, alors qu’elles sont complémentaires ? La souveraineté sans l’identité n’est qu’une coquille vide, l’identité sans souveraineté a toutes chances de se transformer en ectoplasme. Il ne faut donc pas les séparer. L’une et l’autre, au demeurant, sont transcendées dans la liberté. Être souverain, c’est être libre de déterminer par soi-même sa politique. Conserver son identité implique, pour un peuple, de pouvoir décider librement des conditions de sa reproduction sociale.

Alors que l’identité est un concept nécessairement flou, la souveraineté n’est-elle pas plus facile à définir ?

Moins qu’il n’y paraît. La souveraineté « une et indivisible » dont se réclame Jean Bodin dans Les Six Livres de la République (1576) n’a pas grand-chose à voir avec la souveraineté répartie, fondée sur la subsidiarité et le principe de compétence suffisante, dont parle Althusius en 1603 dans sa Politica methodice digesta. La démarche de Bodin est éminemment moderne. Elle implique l’État-nation et la disparition de la distinction que l’on faisait auparavant entre le pouvoir (potestas) et l’autorité ou la dignité du pouvoir (auctoritas).

La souveraineté bodinienne a ceci de dangereux qu’en faisant du souverain un être qui ne saurait dépendre d’un autre que de lui-même (principe individualiste), elle rend aveugle aux communautés naturelles et supprime toute limite au despotisme : tout ce qui fait entrave à la décision du prince est considéré comme une atteinte à son indépendance et à sa souveraineté absolue. On perd ainsi de vue la finalité du politique, qui est le bien commun.La souveraineté populaire est, en outre, différente de la souveraineté nationale ou de la souveraineté étatique. La première fonde la légitimité du pouvoir politique, tandis que les secondes se rapportent au champ d’action et aux modalités d’action de ce pouvoir. Jacques Sapir, de son côté, distinguait récemment le souverainisme social, le souverainisme identitaire et le souverainisme de liberté, « qui voit dans la souveraineté de la nation la garantie de la liberté politique du peuple ». Le souverainisme identitaire, observait-il, n’est nullement incompatible avec l’ordre des choses néolibéral, alors que le souverainisme national et social en rejette tout naturellement la tutelle.

Il ne faut pas oublier, non plus, qu’il pourrait très bien exister une souveraineté européenne, même si celle-ci n’est aujourd’hui qu’un rêve. Le drame, de ce point de vue, n’est pas que les États-nations aient vu disparaître des pans entiers de leur souveraineté (politique, économique, budgétaire, financière et militaire), mais que celle-ci soit allée se perdre dans le trou noir des institutions bruxelloises sans avoir jamais été reportée à un niveau supérieur.

Que dire, alors, de l’identité, aujourd’hui devenue une revendication et un slogan, mais dont on peut donner les définitions les plus différentes ?

Qu’elle soit individuelle ou collective, l’identité n’est jamais unidimensionnelle. Lorsque nous nous définissons au moyen de l’une ou l’autre de ses facettes, nous disons seulement quelle est la dimension ou le trait distinctif de notre identité que nous estimons être le plus important pour exprimer ce que nous sommes. Une telle démarche contient toujours une part d’arbitraire, même quand elle s’appuie sur des données qui peuvent être empiriquement vérifiées.

Un individu doit-il attacher plus d’importance à son identité nationale, linguistique, culturelle, religieuse, sexuelle, professionnelle ? Il n’y a pas de réponse qui s’impose. Pour un peuple, l’identité est indissociable d’une histoire qui a façonné la sociabilité qui lui est propre. La revendication ou la protestation identitaire apparaît lorsque cette sociabilité semble menacée de dissolution ou de disparition. Il s’agit, alors, de lutter pour que se perpétuent des modes de vie et des valeurs partagés. Mais il ne faut pas se faire d’illusion : l’identité se prouve plus encore qu’elle ne s’éprouve, faute de quoi on risque de tomber dans le fétichisme ou la nécrose. Pour les individus comme pour les peuples, c’est la capacité de création qui exprime le mieux la perpétuation de la personnalité. Comme l’écrit Philippe Forget, « un peuple n’exprime pas son génie parce qu’il est doté d’une identité, mais il manifeste une identité parce que son génie l’active ».

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

Macron n’apparaît pas comme la marionnette fabriquée que l’on imaginait

Entretien publié sur Breizh-info.com


29/05/2017 – 07h15 Paris (Breizh-Info.com) – Depuis quelques semaines, les évènements politiques se sont succédés en France, et le principal d’entre eux reste bien évidemment l’élection d’Emmanuel Macron à la  présidence de la République.

A quelques semaines des élections législatives, Alain de Benoist, qui vient par ailleurs de sortir un livre (« Ce que penser veut dire » aux éditions Pierre Guillaume de Roux) fait le point sur l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, sur l’état de l’opposition et notamment du Front national, et sur les grands enjeux à venir.

Breizh-info.com : Emmanuel Macron est devenu président de la République. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Alain de Benoist : Des regrets d’abord. Une certaine sidération ensuite. Jamais élu dans le passé, encore inconnu il y a quelques années, Emmanuel Macron a tenu son pari. Cela ne s’explique pas uniquement par l’ampleur des soutiens dont il a bénéficié. Se propulser à la tête de l’État sans être le candidat d’un parti traditionnel, passer en deux ou trois ans de l’obscurité à la lumière, cela ne s’était encore jamais vu. Cela montre l’ampleur de la crise actuelle, et cela donne aussi à son élection un caractère historique. Lire la suite …

Contro il pensiero dominante

Source: Destra.it


Anticipazioni/ In uscita in Italia i due nuovi libri di Alain de Benoist. Contro il pensiero dominante

del

L’uscita di ben due libri del filosofo, saggista e pensatore Alain de Benoist, punto di riferimento d’oltralpe ma anche in Italia, è più di quanto uno possa aspettarsi nel panorama letterario italiano, sempre più dinamico. Nella landa desolata e semi-conformista che gioca con la «morale» facendone un caposaldo della moralità ultra universalista e, con il «sacro», ridotto alla simulazione linguistica “dell’unico coro” della spersonalizzazione globalizzata, qualcosa sta cambiando.

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Colloque Proudhon

À l’occasion de la sortie du livre de Thibault Isabel, Pierre-Joseph Proudhon. L’anarchie sans le désordre (préfacé par Michel Onfray), les revues Éléments et Krisis organisent un grand colloque le samedi 20 mai 2017 à l’espace Moncassin de Paris, de 14h à 18h. Avec Alain de Benoist, Chantal Gaillard, Marc Halevy, Marc Humbert, Thibault Isabel, Michel Onfray, Roger Sue.


Au programme :

• Alain de Benoist : Georges Sorel et Edouard Berth face à Proudhon.
Alain de Benoist est éditorialiste d’Éléments et directeur de Krisis. Il vient de publier Le Moment populiste (Pierre-Guillaume de Roux)
• Thibault Isabel : Proudhon, un penseur rebelle.
Thibault Isabel est rédacteur en chef de Krisis et auteur du livre Pierre-Joseph Proudhon. L’Anarchie sans le désordre (Autrement)
• Marc Humbert : Vers une société convivialiste.
Marc Humbert est professeur à Rennes 1. Il a écrit Vers une civilisation de convivialité (Goater) et cosigné le Manifeste convivialiste (Le bord de l’eau)
• Table-Ronde : Comment faire de la politique autrement ?
• Chantal Gaillard, Secrétaire Générale de la société d’études Pierre-Joseph Proudhon. Elle a codirigé le Dictionnaire Proudhon (Aden)
• Roger Sue, professeur de sociologie à Paris Descartes-Sorbonne, auteur de La Contresociété (Les liens qui libèrent)
• Marc Halevy, polytechnicien, physicien et philosophe, auteur de Mondialisation et relocalisation, entre Terre et terroir (Dangles)
• Michel Onfray : Contre la colonisation des provinces, pour un communalisme Proudhonien.
Michel Onfray vient de publier Décoloniser les provinces (L’Observatoire) et La Parole au peuple (L’Aube)

Colloque Proudhon, samedi 20 mai 2017

Espace Moncassin, 164 rue de Javel, 75015 Paris
Entrée : 10 euros
Le nombre de places dans la salle est limité.
Réservation obligatoire : cliquez ICI

Macron espressione degli ambienti finanziari

Source: Oltre La Linea



2 maggio 2017

Professore De Benoist, una delle poche possibilità di Marine Le Pen di vincere il ballottaggio, è intercettare il consenso di Mélenchon. Eppure, il portavoce del leader della “France insoumise” ha dichiarato a “Le Monde”, che neppure uno dei loro voti deve finire nelle mani del leader del Fn. Alcuni populismi non hanno ancora superato le ideologie?

È un po’ meno semplice di così. Melenchon, il leader di france insoumis, ha lasciato i loro elettori liberi di scegliere e ha rifiutato di dire per chi voterà lui stesso al secondo turno. Ha certamente escluso che voterà per marine Le Pen, ma il solo fatto che si sia rifiutato di invitare a votare per Macron, gli è valso le critiche più feroci di tutta la politica, da destra a sinistra, che hanno esplicitamente preso posizione a favore del movimento en Marche. Molti lo hanno accusato di essere “l’alleato di fatto” di marine Le Pen. Quest’ultima dal suo lato ha accolto positivamente la coraggiosa scelta di Melenchon e ha indirizzato un messaggio ai suoi elettori per chiedere loro di votarla.

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Macron is an algorithm


Source: Pietro Piupparco/Flickr
02.05.2017

Source: Breizh Info

What lessons can you draw from the first round of the presidential election? What differentiates it from all those that preceded it?

Alain de Benoist: The capital fact of this election, the one that confers a veritable historic character to it, it’s not the Macron phenomenon nor the presence of Marine Le Pen in the second round. It’s the total rout of the two former major parties of government, the PS [Translator’s note: Parti socialiste] and Les Républicains. I even predicted it last February, at a moment where no one seemed to notice it: for the first time since the head of state was elected through universal suffrage, neither of the two parties that have alternately governed France for nearly half a century will be present in the second round.

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Von historischer Dimension

Artikel von Alain de Benoit veröffentlicht auf Junge Freiheit


Von historischer Dimension

Élysée-Palast: Wer wird Frankreichs nächster Präsident? Foto: picture alliance / AP Images

Ein sich bester Gesundheit erfreuender Präsident François Hollande, der sich seiner kolossalen Unbeliebtheit bewußt ist, beschließt, sich nicht erneut zur Wahl zu stellen. „Vor“-Wahlen, die auf den Ausschluß sämtlicher Favoriten hinauslaufen (Nicolas Sarkozy und Alain Juppé aus dem rechten Spektrum, Manuel Valls und Arnaud Montebourg aus dem linken).

Ein „Phänomen Macron“, das sich vor wenigen Monaten noch kein Mensch vorstellen konnte. Ein sozialistischer Kandidat, Benoît Hamon, der plötzlich abstürzt, während links von ihm Jean-Luc Mélenchon dank seiner rhetorischen Fähigkeiten unaufhaltsam aufsteigt. Nichts von alldem hat man in der Geschichte der französischen Präsidentschaftswahl jemals erlebt. Lire la suite …

СТОЛКНОВЕНИЕ ДВУХ ФРАНЦИЙ

Source: geopolitica.ru / rebellion


Первый тур выборов президента Франции – конец эры «левых» и «правых»

То, что раскол на левые и правые политические партии (le clivage droite-gauche) сегодня более не легитимен очевидно. Этот раскол в разные исторические периоды имел разные смыслы: всегда существовало несколько изводов левых и правых.  Но сегодня, после первого тура, это разделение на левых и правых окончательно потеряло всякий смысл. Во многом это связано с тем, что произошла «централизация»  (либерализация , поглощение и левых, и правых политических движений либеральной глобалистской идеологией- прим. Ред.) этих программ. Также многие правые партии проводили левую политику, а левые – правую. Кажется, что и левые, и правые политики хотят по сути дела одного и того же, их разделяет лишь методология достижения цели.

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